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Où le temps suspend son vol

dans les derniers soubresauts septentrionaux de la Sierra Chica se nichent ici et là les ruines d'un village fantôme, un algarrobo ensorcelé, de mystérieuses chapelles esseulées, le mausolée d'une civilisation anéantie... Égarez-vous dans ce labyrinthe de pistes sablonneuses, avec une boussole mais sans montre.

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« Carambolage de grosses cylindrées sur la Panaméricaine ? Recalés du Salon de l'Agriculture organisant une contre-exposition ? Que nous vaut donc ce carrefour coupé ??? »

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Nombre de photos : 38

Date : 28/06/2008

Localisation : CórdobaArgentine – région Pampa

Quelques précisions

Quelques explications sur le conflit du Campo de 2008, qui bouscule notre week-end au début de ce carnet. Le “Campo” désigne le monde agricole argentin, secteur clef de l’économie nationale dans un pays où les exportations de viande et de soja sont parmi les plus fortes du monde (et l’Argentine est un pays faiblement industrialisé, en-dehors des industries agro- alimentaires). Le mot incarne plus particulièrement les moyens et grands propriétaires de la pampa, aux intérêts économiques d’importance – une classe sociale aisée et pétrie de traditions criollas.
En 2008, le gouvernement Kirchner a voulu augmenter les taxes à l’exportation sur les plus fructueuses productions agricoles (soja, maïs) ; outre le renflouement des caisses de l’État argentin, particulièrement désargenté, cette mesure visait à réorienter la production agricole vers la satisfaction de la consommation nationale (le boom du soja, purement spéculatif et entièrement dédié à l’exportation, est un danger pour les ressources alimentaires du pays, puisqu’il phagocyte les surfaces agricoles “utiles”).
Le Campo ne l’a pas entendu de cette oreille, et a réussi à mobiliser contre le gouvernement jusqu’aux paysans pauvres et aux simples péons, persuadés de défendre leur pain – ce qui n’était pas tout à fait exact. Fédérant finalement tous les mécontents du kirchnérisme, cette rébellion du Campo a entraîné une paralysie du pays pendant plusieurs mois, doublée de graves problèmes d’approvisionnement (viande, essence, lait, etc.), culminant enfin sur une crise politique sans précédent qui a vu le propre Vice-président de Cristina Kirchner, Julio Cobos, désavouer la Présidente et faire basculer un vote crucial au Sénat en faveur du Campo. Une bombe politique.

Itinéraire bis

Si vous souhaitez compléter votre découverte du Nord cordobais, vous pourrez insérer Ischilín et les autres attractions de cet album entre une visite aux Terrones et un détour par Tulumba et le Cerro Colorado. Pour ce faire, au départ de Capilla del Monte (à l'extrémité nord du Valle de Punilla), rendez-vous aux Terrones en prenant une piste de terre à droite, quelques kilomètres avant Charbonnier. Depuis les Terrones, la piste continue jusqu'à Ongamira ; peu avant d'arriver à Ongamira, un embranchement par plein nord (à gauche) : c'est la piste qui mène à Ischilín. Ensuite, d'Ischilín, la piste se poursuit toujours plus au nord et atteint Deán Funes, une petite ville située sur la nationale 60. En traversant cette dernière, vous enchaînerez avec une petite route asphaltée qui vous amènera à Tulumba.
Autre suggestion : en venant de Córdoba Capital, vous pouvez, une fois à Jesús María, prendre à droite pour atteindre Santa Catalina et sa belle estancia jésuite. De là, une piste rejoint Cañada de Río Pintos, un peu plus au nord.

Comment y aller ?

Le circuit que nous avons suivi débute à Córdoba Capital. Prendre la Ruta 9 plein nord, direction Deán Funes, Catamarca, Santiago del Estero. Une dizaine de kilomètres après Jesús María, vous arrivez au grand embranchement de la nationale 60 : prenez-la, plein ouest, en abandonnant la Ruta 9. Un peu plus loin, vous trouverez l'entrée du village de Sarmiento, sur votre gauche. C'est ici que nous entamons notre vadrouille dans le nord de la Sierra Chica, par Cañada de Río Pintos, Villa Albertina et enfin Ischilín. Les pistes en terre sont nombreuses dans le secteur, se perdre est un jeu d'enfant – l'itinéraire est impossible à décrire sur le papier : demandez simplement votre route à chaque village ! Il n'y a qu'une cinquantaine de kilomètres de Sarmiento à Ischilín, mais il faudra compter plus d'une heure – peut-être deux.
D'Ischilín, une piste part plein sud et dessert le Musée Fader (à quelques kilomètres) puis Ongamira (une trentaine de kilomètres). Une autre piste, plein ouest, atteint Copacabana et sa chapelle.

Où dormir ?

L'hébergement est très limité à Ischilín (du moins en 2008), et c'est ce qui en fait le charme précieux – il est d'ailleurs de très grande qualité, sans excès : il s'agit de la posada de campo La Rosada, tenue par l'imprescriptible Carlos Fader, bienfaiteur du village. Un petit coin de bien-être, hors du temps. Voir coordonnées ci-dessous, à la partie Contact.

Où et que manger ?

La Rosada vous offrira tout ce que le Campo argentin a de bon à offrir : asado, confitures, empanadas, locro, etc., concoctés et servis avec un art consommé de l'hospitalité.

Contacts, horaires, informations diverses

Ischilín tourne autour de celui qui la bichonne depuis des années, lui redonne son lustre, et y promeut un tourisme de qualité : Carlos Fader. Vous avez tout intérêt à le contacter pour préparer un séjour réussi : info@ischilinposada.com.ar. Voir aussi le site internet de la posada La Rosada. Vous y trouverez aussi des renseignement sur le Musée Fader, géré par son héritier.

Ce que nous avons visité

Archéologie

Ongamira : hauts-lieux de la résistance et du sacrifice indigène face aux envahisseurs espagnols, ces blocs granitiques conservent le souvenir du suicide collectif auquel durent se résoudre les ultimes défenseurs du nord de Córdoba. Ce n'est pas une raison pour bouder la fluette rambarde d'accès...

Temples

Églises des sierras cordobaises : en marge des carrefours touristiques rebattus, les vallées agrestes de l'ouest de Córdoba juxtaposent terroirs ruraux paupérisés et domaines seigneuriaux en déshérence, dont pas un qui ne possède sa chapelle, son oratoire ou sa modeste paroisse dominicale. Égrenons ce chapelet de temples fantomatiques.

Villes

Ischilín : un algarrobo lugubre et historique épouvante le terrain vague poussiéreux qui tient lieu de Plaza San Martín ; une église insolite, une école patriotique, deux-trois bâtisses reconverties en hospedajes touristiques ou ébauches muséologiques d'un âge d'or perdu baillent aux corneilles. Engouffrez-vous dans cette brèche spatio-temporelle.

Géographie et thématiques culturelles

Écosystèmes

Chaco Serrano : avec les premiers reliefs qui surgissent sur ses confins occidentaux, le Gran Chaco profite de la soudaine abondance (toute relative) d'eau pour développer une végétation moins épineuse, dont se détachent les grandes silhouettes ébouriffées des carandays – il devient même agréable de s'y promener !

Botanique

Algarrobos : en quichua, l'idiome des plaines arides du nord argentin, on les nomme tacu – “l'arbre”, comme s'ils étaient seuls à émerger de la masse inextricable des broussailles xérophiles qui s'étendent à l'infini. N'en déplaise aux quebrachos et autres chañares ses comparses lignifiés, l'algarrobo est bien le plus vénéré des arbres du Gran Chaco.

Gastronomie

El asado : objet de dissertations sans fin et d'applaudissements émus, de rituels familiaux et d'offices dominicaux, de palabres vaines et passionnées – les “grillades”, pâle traduction plurielle et profane, toutefois préférable au trivial barbecue, sont tout à la fois l'essence d'un mâle orgueil national et un passe-temps convivial. Éléments de compréhension.

Empanadas : ubiquiste, polymorphe et sybarite, les adjectifs indigestes ne manquent pas pour qualifier la plus simple, populaire et... bonne des spécialités argentines – que dis-je : sudaméricaines ! Ces petits chaussons salés et/ou sucrés se déclinent suivant les régions en une encyclopédie de saveurs dont on n'arrive que rarement à satiété.

Locro : contrairement à une intuition aussi galvaudée qu’erronée, le très officiel “plat national argentin” n'a rien à voir avec les grillades ; le locro est une sorte de cassoulet criollo, qui honore les racines amérindiennes du pays : une mixture de maïs, de calebasse et de haricots, où surnagent chorizo, charquí, mondongo... Dégusté traditionnellement les 1er et 25 mai !

Héritages

Mate : si le bon maniement de l'asador valide généralement le passage à l'âge adulte, alors l'acte de cebar un buen mate est indéniablement l'épreuve initiatique pour atteindre l'âge de raison, tant cette aliénante décoction symbolise une certaine sagesse argentine, indolente, fraternelle et sereine (sinon optimiste). A méditer con o sin palo.

Bandera albiceleste : entre le ciel immense et la mer, livides, la face rayonnante de l'astre solaire s'élève au-dessus d'un aveuglant désert de sel – hilare et échevelé, le Soleil de Mai paraît jouir de ce décor démesuré. Il pose fier et jovial, moins confiant en sa bonne étoile qu'indifférent à ses caprices. A-t-on jamais vu drapeau aussi empathique?

Massifs

Sierras Pampeanas Australes, S. Chicas : c'est le premier obstacle qui, à 700 km du Río de la Plata, met enfin un terme à l'interminable pampa ; obstacle encore timide, certes, plafonnant à moins de 2.000 mètres d'altitude, mais déjà fort dépaysant pour le Portègne ! Astronomes et ufologues complètent la faune autochtone.

Botanique

Cortadera (yerba de la pampa)aperçu

Les fiches thématiques sans ancrage local particulier ne sont pas épinglées sur la carte.

LÉGENDE
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