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Cabildo

maillon essentiel dans l’imbroglio administratif des Indes espagnoles, expression des velléités locales, cette “municipalité” coloniale fut le ferment de la Revolución de Mayo qui initia l'Argentine à son Indépendance. De l'institution, dévorée par sa propre création, il ne reste aujourd'hui que de rares témoins architecturaux.

Découvrez nos 7 photos prises sur la période 2007-2010

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photo 1/7 – Le très classique cabildo de Córdoba (1785)
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photo 2/7 – Sous les arcades du cabildo de Córdoba
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photo 3/7 – Le baroque cabildo de Salta (fin XVIIIème)
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photo 4/7 – On cherche le frais sous les arcades du cabildo de Salta
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photo 5/7 – Ce qu'il reste du cabildo de Buenos Aires, épicentre de la Revolución de Mayo
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photo 6/7 – Le cabildo de la Villa de Luján, XVIIIème siècle (Buenos Aires)
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photo 7/7 – Le cabildo (ou Palais Municipal – 1934) de Humahuaca, vaguement gaudien (Jujuy)

Localisation : les reliques se cantonnent à Salta, Córdoba et Buenos Aires

Quelques précisions

Le terme cabildo (qu'une même origine latine permet de rapprocher du mot français “chapitre”) désigne l'ensemble des représentants (cabildantes) des notables (vecinos – “voisins”) d'une ville, à l'époque de la Colonie espagnole. Par extension, il désigne aussi le bâtiment dans lequel ceux-ci se réunissaient et exerçaient plusieurs prérogatives judiciaires, administratives, économiques et militaires. On peut donc le traduire simplement par “municipalité” ou par “commune”. La connotation révolutionnaire de ce dernier terme évoque judicieusement la constante défiance exprimée par le cabildo vis-à-vis des représentants du roi (sinon vis-à-vis du roi lui-même) : le vice-roi, le gouverneur et l'intendant (ce dernier de création tardive).
Il faut en effet signaler qu'au XVIIIème siècle les Bourbon d'Espagne (comme de France) entreprennent une modernisation administrative (et idéologique) de leur royaume et de leur empire. Celle-ci passe par une centralisation accrue du pouvoir, conception qui se heurte aussitôt à l'esprit farouchement autonomiste des “collectivités locales” américaines : les cabildos, bien entendu, mais également les missions jésuites, deux entités qui entendent gérer leurs affaires comme bon leur semble. Ainsi vont se constituer (grosso modo ; cela n'exclut pas les exceptions) deux fronts antagonistes : d'un côté les cabildos et les jésuites ; de l'autre les intendants et la hiérarchie royale, généralement appuyés par les autorités ecclésiastiques (nommées par le roi).
Cette confrontation va déboucher sur de nombreuses querelles locales, suivies d'échauffourées et de procès, mais aussi sur de véritables conflits révolutionnaires : dans les années 1720, ce sont les Comuneros d'Asunción qui s'insurgent contre le gouverneur du Paraguay ; en 1780 éclate l'insurrection indigéniste de Tupac Amaru, à laquelle s'affilient plusieurs cabildos hispaniques. Pour s'enlever une épine du pied, Madrid décrète par ailleurs l'expulsion des Jésuites de toutes les colonies espagnoles, en 1767 (une mesure en vogue dans toutes les chancelleries européennes de l'époque) –nombre de cabildos s'insurgeront, en vain, contre cette sanction.
C'est dans ce contexte, dont les racines plongent loin dans l'histoire générale de l'Amérique espagnole, que va éclater, à Buenos Aires, la Revolución de Mayo, le 25 mai 1810 (25 de Mayo, fête nationale argentine). Voyons de plus près ce chapitre fondateur de l'histoire de l'Argentine.
La rivalité politique entre les cabildos et l'autorité royale, telle que nous l'avons décrite, dégénère rapidement en une aversion généralisée des Américains (ou criollos) envers les Péninsulaires (plus tard identifiés comme realistas : royalistes). Aussi, lorsqu'au paroxysme des guerres napoléoniennes l'Espagne tombe sous le joug français et qu'un souverain bonapartiste est intronisé (1808), les colonies américaines en profitent pour tirer leur épingle du jeu, et le Vice-royaume du Río de la Plata n'est pas en reste : prétextant une fidélité à toute épreuve envers la personne de Ferdinand VII (Bourbon déchu et emprisonné en France, donc inoffensif) et envers la Junte de Séville qui assume la régence (et qui a fort à faire pour organiser la résistance anti-française), la branche radicale des notables criollos de Buenos Aires entend s'affranchir de l'autorité du vice-roi et des intendants, qu'elle taxe d'être vendus aux Français (comme un fait exprès, le Vice-roi d'alors est Santiago de Liniers, noble d'origine française).
Le scénario est un peu gros, mais il marche. S'en suit un premier “coup d'État” contre Liniers : c'est la “asonada de Álzaga” (émeute conduite par Álzaga, le 1er janvier 1809), qui convoque un “cabildo abierto”, autrement dit un cabildo élargi qui rassemble qui veut, sur la place centrale (devant le cabildo en dur) ; ce cabildo abierto proclame la déchéance de Liniers, mais des troupes fidèles au vice-roi (commandées par un notable criollo, Saavedra) désamorcent la rébellion. Cependant, la Junte de Séville envoie Cisneros en remplacement de Liniers (jugé, c'est un comble, trop favorable aux criollos par la métropole) ; c'est un nouveau tour de vis pour museler toute velléité autonomiste. La partie est-elle perdue ?
Le 18 mai 1810 parvient à Buenos Aires une nouvelle fracassante : la Junte de Séville, acculée par les troupes napoléoniennes, vient de tomber ! Il n'y a désormais plus aucune autorité légitime qui exerce le pouvoir de régence (Ferdinand VII est toujours emprisonné). A Buenos Aires, Cisneros se déclare aussitôt dépositaire de l'autorité royale pour le Vice-Royaume du Río de la Plata. Mais les criollos ne l'entendent pas de cette oreille : arguant d'une théorie qui s'est développée de longue date parmi les exégètes du droit régalien, et qui a connu une diffusion notable dans les domaines espagnols depuis quelques décennies, ils déclarent que, le Roi étant dans l'incapacité de régner, le pouvoir doit retourner à celui dont il émane : le peuple (et non à Dieu, selon les théories “modernes” développées par les thuriféraires du despotisme éclairé). Aussi, le 25 mai 1810, les notables de Buenos Aires convoquent un nouveau cabildo abierto qui proclame la déposition du Vice-Roi et son remplacement par une junte composée d'éminents criollos –cette fois-ci, il n'y a aucune résistance ; Saavedra est d'ailleurs élu président de cette Primera Junta.
Dans les semaines qui suivent, Buenos Aires entend exporter sa révolution aux autres cabildos de l'Interior. La nouvelle ne sera pas reçue partout avec enthousiasme ; à Córdoba, notamment, les cabildantes (qui au siècle précédent avaient pourtant lutté farouchement contre l'autoritarisme du Gouverneur royal) prendront le parti du Vice-roi. Ils seront rapidement défaits par les troupes portègnes.
A l'issue de ce moi de Mai révolutionnaire, qui coupe définitivement les ponts avec la métropole (celle-ci ne reprendra jamais le contrôle de Buenos Aires ni de la majeure partie de la future Argentine), l'indépendance n'est pas pour autant proclamée : les droits de Ferdinand VII sont maintenus, mais le gouvernement est assumé par les criollos, hors de tout contrôle royal. C'est l'autonomie. Il faudra attendre six années de luttes intestines, de guerre contre les troupes royalistes dans le nord-ouest, de désillusion vis-à-vis des bonnes intentions de Ferdinand VII (qui retrouve son trône en 1814), pour que le processus initié le 25 mai 1810 débouche sur la Déclaration d'Indépendance du 9 juillet 1816 (seconde fête nationale argentine).
Mais cela n'a plus rien à voir avec nos cabildos, qui disparaissent rapidement de la scène politique à mesure que se met en place le centralisme portègne et que s'affirme l'autocratisme des caudillos provinciaux. Le pouvoir municipal est désormais absorbé par la difficile gestation de la Nation argentine. Les cabildos sont définitivement abolis en 1820, et la plupart des édifices, jugés désuets, vont être démolis au cours du XIXème siècle. Subsistent aujourd'hui ceux de Salta, Córdoba, Luján et Buenos Aires. Celui de Humahuaca est une création tardive, datant de 1934 –siège de la municipalité.
En ce qui concerne le Cabildo de Buenos Aires, le bâtiment que l'on connaît aujourd'hui est en fait une reconstitution de l'ancien cabildo, lequel occupait auparavant toute la largeur de la Plaza de Mayo ; il fut amputé de 6 de ses 11 arcades lorsque l'on perça l'Avenida de Mayo et la Diagonal Roca, à la fin du XIXème siècle. Par ailleurs, à la même époque, on le dota d'une nouvelle tour, qui se révéla trop lourde et qu'il fallut rapidement abattre ; dans la foulée, on grima le style colonial de la bâtisse, jugé obsolète, pour l’italianiser avec balustrades et moulures. Ce n'est qu'en 1940 qu'on débarrassa le cabildo de ces ridicules subterfuges, pour lui redonner un aspect proche de l'original (ses 6 arcades en moins). Il abrite aujourd'hui le Musée Historique National du Cabildo et de la Révolution de Mai.
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