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Evita

c'est, avec Maradona, l'une des égéries les plus fameuses, et les plus controversées, de l'Argentine contemporaine. L'adulation que lui voue une bonne moitié de la population n'a d'égale que la haine qu'elle suscite dans le camp opposé. Madone ? Pasionaria ? Sorcière ? A vous d'en juger...

Découvrez nos 8 photos prises sur la période 2008-2010

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photo 1/8 – Le caveau familial des Duarte, au cimetière de la Recoleta, sépulture d'Evita
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photo 2/8 – Statuaire officielle – place principale de Resistencia (Chaco)
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photo 3/8 – Statuaire officielle – entrée du village d'Oberá (Misiones)
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photo 4/8 – Evita, icône touristique (La Boca, Buenos Aires)
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photo 5/8 – Albums et propagande, au Musée de la Famille Perón (Camarones, Chubut)
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photo 6/8 – Un portrait géant sur la façade du MOP, avenue 9 de Julio (Buenos Aires)
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photo 7/8 – Evita, égérie des descamisados, les “sans-chemise”, militants péronistes de la première heure
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photo 8/8 – Une affiche du Movimiento Evita, formation politique ancrée à la gauche du péronisme

Localisation : toute l'Argentine

Quelques précisions

Nous ne prétendons pas ici dresser une biographie détaillée de cette femme au destin exceptionnel ; la tâche serait trop longue, et beaucoup ont déjà beaucoup écrit à ce sujet... Nous nous contenterons d'en rappeler les événements marquants, et d'en souligner les aspects clivants.
Actrice et syndicaliste
María Eva Duarte est née en 1919 dans un village de la campagne bonaerense ; sa mère est une criolla, son père un gringo d'ascendance vraisemblablement basque ou française, qui partage sa vie entre deux femmes, la mère d'Eva n'étant pas la mieux lotie des deux. Une enfance somme toute très classique pour l'époque, et à laquelle elle met fin à 15 ans en partant s'installer à Buenos Aires pour devenir comédienne.
De sa carrière télévisuelle puis cinématographique, qui lui confère un début de notoriété, il est surtout intéressant de retenir qu'elle l'initie au syndicalisme. C'est d'ailleurs en tant que présidente du Syndicat des Travailleurs de la Radiodiffusion qu'elle fait la connaissance du Secrétaire au Travail du gouvernement de facto, le colonel Juan Domingo Perón, figure montante de la mouvance nationaliste et sociale d'Entre-deux-guerres. Eva et Juan se marient en octobre 1945, en pleine tourmente politique.
Primera Dama d'un nouveau genre
1945 est en effet une année cruciale dans la trajectoire de Perón : disgrâce officielle, sursaut populaire massif du 17 octobre, consécration des urnes – le 24 février 1946, il remporte l’élection présidentielle et le couple s'installe à la Casa Rosada, initiant une nouvelle ère de l'Histoire argentine.
Eva Perón n'entend pas se cantonner aux tâches futiles de Primera Dama. De son enfance, mais aussi de ses expériences syndicales et plus encore peut-être de sa mission caritative à San Juan aux lendemains du tremblement de terre dévastateur de 1944, elle a acquis une très vive empathie pour les classes populaires défavorisées et marginalisées de l'âge industriel triomphant. Alors que le Radicalisme s'était constitué à la fin du XIXème siècle sur les aspirations de la classe moyenne, le Péronisme s'établit en ce milieu du XXème siècle sur celles de la classe ouvrière mais aussi des femmes et des laissés-pour-compte du modèle agro-exportateur.
Eva s'engage activement à soutenir la cause féministe auprès de son président de mari, parvenant à obtenir d'importants succès en matière juridique et électorale. Parallèlement, elle crée un organisme caritatif d'un nouveau genre, à la frontière ténue entre association privée, institution gouvernementale et caisse syndicale : la Fondation Eva Perón, qui va marquer durablement le paysage social argentin. Faisant en quelque sorte office de caisse de retraite, d'assurance maladie et de comité d'entreprise, la Fondation est à l'origine de la construction de nombreux hôpitaux, écoles, centres de loisirs (dont beaucoup subsistent aujourd'hui, la plupart dûment baptisés du nom d'Eva Perón). La gestion de cette organisation tentaculaire et omnipotente, à l'entière discrétion du couple Perón, ancrée sur un soutient populaire forcément indéfectible, ne laisse pas de déchaîner la vindicte des détracteurs du Péronisme, vent debout contre ce qu'ils voient (non sans une certaine lucidité) comme une grotesque machinerie autocratique imbue d'un culte de la personnalité pas même déguisé... Le populisme dans toute son ambiguïté.
Evita
Dans le cœur de ses innombrables partisans, Eva Perón devient rapidement Evita, la “petite Eva”, diminutif populaire et attendri qui sied à la bonne fée charismatique et indulgente. Une madone, Evita ? Son verbe enflammé et son attitude romanesque sont plutôt ceux d'une véritable pasionaria, héroïque et révolutionnaire, dont les idées sont résolument ancrées à gauche. Poussée par ses sympathies populaires et syndicales, Eva manque de peu de devenir Vice-présidente du deuxième mandat de son mari ; les arrangements politiques, et sa farouche volonté de rester libre de tout compromis, en décident autrement. Sans compter que le Destin lui-aussi, toujours capricieux et un rien machiavélique, a son mot à dire...
Il frappe le premier coup d'une tragédie joliment ficelée en janvier 1950, lorsqu'on diagnostique à Evita un cancer de l'utérus. Après une phase catastrophique de déni, puis de non moins préjudiciables acharnements chirurgicaux, Evita s'éteint finalement à l'âge christique de 33 ans, le 26 juillet 1952. Les funérailles nationales qui lui sont offertes témoignent, s'il en est encore besoin, de l'immense ferveur populaire qu'elle a su susciter. Plus de deux millions d'Argentins rendent hommage à sa dépouille, convoyée dans les rues de Buenos Aires et exposée au Congrès 16 jours durant.
Figée dans la splendeur de sa jeunesse et de sa grande générosité, la postérité d'Evita survit avec constance aux aléas du Péronisme. Dérive autoritaire, louvoyage de la ligne politique, dégradation économique, tension sociale : c'est un Juan Perón en mal de crédibilité qui est finalement renversé en 1955 par le coup d’État connu sous le nom révélateur de Revolución Libertadora.
Tribulations post-mortem
Alors que le Général Perón prend le chemin de l'exil, la dépouille d'Evita est exfiltrée en 1957, pour éviter représailles et profanations, et ensevelie au Cimetière Majeur de Milan, puis remise à Perón à Madrid en 1971. En 1974, la troisième femme, veuve et vice-présidente en exercice de Perón, Isabel Martínez, fait rapatrier la dépouille d'Evita pour qu'elle soit réunie à celle de leur mari commun. Mais Isabel à son tour est renversée en 1976 et la dépouille d'Evita, tout juste embaumée, menacée d'être détruite, est finalement enterrée à la sauvette dans le caveau familial des Duarte, dans le cimetière de La Recoleta, où elle repose aujourd'hui encore, parmi les siens mais séparée de Perón (enterré, lui, au cimetière de la Chacarita).
L'aura d'Evita, et celle du Péronisme, n'en sont pas éteints pour autant. Après la fin de la dictature et un premier mandat démocratique Radical, l'année 1989 voit le triomphe aux urnes des héritiers de Perón : Menem le libéral (1989-1999), plus tard le couple Kirchner, Néstor et Cristina (2002-2015), lesquels vont très largement surfer sur le charisme messianique d'Evita, ne boudant pas leur plaisir d'être volontiers considérés comme les Juan et Eva Perón du XXIème siècle... Aussi, lorsqu'on décide de l'émission de nouveaux billets de banque dans les années 2010, c'est le profil d'Evita qui est choisi pour orner la plus grosse coupure (100 pesos).
Néanmoins, tout comme leurs modèles, les Kirchner approfondissent le clivage grandissant entre deux pans de la société argentine : les classes populaires, qui leur sont majoritairement acquises, et les classes moyennes et supérieures qui ont la hantise du populisme péroniste. Si Evita conserve un immense capital de sympathie, voire d'adulation, une large frange de la société persiste à considérer « esa mujer » (“cette femme-là”, selon une formule qui fit florès durant la dictature) comme l'incarnation de l'antéchrist – ou peu s'en faut. Un seul point toutefois parvient à faire l'unanimité : le biopic d'Alan Parker, sorti sur les écrans en 1996, avec Madonna dans le rôle-titre d'Evita, ne récolte généralement que des critiques acerbes.
A la rencontre d'Evita
Profitons-en pour proposer quelques pistes intéressantes pour approcher le Mythe Evita sous un angle moins galvaudé... Côté cinéma, le septième art argentin a produit plusieurs œuvres significatives, parmi lesquelles nous retiendrons Eva Perón (dir. Juan Carlos Desanzo, 1996), classique et historique ; et Eva no duerme (dir. Pablo Agüero, 2016), une enquête un rien macabre et minimaliste sur les péripéties du cadavre d'Evita...
Côté littérature, les biographies et les romans historiques ne manquent pas... Mais c'est sans doute en lisant La razón de mi vida, la propre autobiographie d'Eva Perón, que l'on se fera une idée plus intime (quoique forcément subjective) du personnage.
Et puis, forcément, il y a les monuments et les musées... Le Museo Evita est moins tendancieux qu'on pourrait le craindre, et mérite d'y consacrer du temps (Lafinur 2988, à Palermo). La tombe d'Evita ne vous apprendra pas grand chose, si ce n'est qu'elle attire des foules généralement déférentes ; vous la trouverez au cimetière de La Recoleta (nous avons précisément positionné la photo correspondante sur notre carte ci-dessous). Vous pouvez également prendre la mesure de la ferveur populaire en visitant l'ancien bureau personnel d'Evita à la tête de sa Fondation, un samedi après-midi, au sommet du Centre Culturel Kirchner (proche de la Casa Rosada). Une alternative moins fréquentée et tout aussi gratifiante est le Musée de la famille Perón à Camarones, sur les côtes ingrates de la lointaine Patagonie... Pour les inconditionnels uniquement !
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