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Filadelfia

toute similitude avec une homonyme étasunienne est purement fortuite – encore que la ferveur entrepreneuriale des Mennonites n'ait pas à rougir, eux qui bâtissent des piscines dans le désert... Une bonne dose de sang-froid vous sera nécessaire pour supporter le soleil et l'autochtone, parfois aussi calcinés l'un que l'autre.

Découvrez nos 6 photos prises sur la période 2008

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photo 1/6 – Monument glorifiant les “quatre vertus mennonites”
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photo 2/6 – Des rues dignes d'un Western
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photo 3/6 – L'avenue principale, à la toponymie bien allemande
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photo 4/6 – Le musée Jakob Unger, ex-“Koloniehaus” (centre civique)
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photo 5/6 – Monument pour le cinquantenaire de la Colonie Fernheim
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photo 6/6 – Usine de cacahuètes
A proximité
Paraguay
Fort Boquerón
Paraguay
Médanos del Chaco

Localisation : ChacoParaguay

Habitants (source Wikipedia 2009) : 8.048

Quelques précisions

Mais qui sont donc les Mennonites ? Il s'agit d'une communauté religieuse issue de la grande Réforme protestante ; ils doivent leur nom à Menno Simons, réformateur frison du XVIème siècle, dont ils se considèrent les fidèles depuis cette époque.
Anticléricaux, anabaptistes, et décriant la dérive étatiste du protestantisme telle qu'elle se manifeste dans l'Allemagne de la Ligue de Smalkalde, les Mennonites sont très vite persécutés par leurs frères ennemis luthériens, calvinistes, et divers autres courants protestants, ainsi que par les catholiques – cela va de soi. Leurs convictions anarchisantes leur imposent de se soustraire au service militaire et au paiement de la plupart des impôts – motifs évidents de fâcherie de la part des États où ils transitent... D'où les migrations auxquelles ils sont contraints lorsque l'État qui jusque là les tolérait finit par ne plus accepter leur petites manières.
Du coup, l'histoire des Mennonites est une succession d'émigrations plus ou moins forcées ; après que les proto-Mennonites eurent été expulsés de Zürich, puis les disciples de Menno Simons des “Pays-Bas”, leurs successeurs essaimèrent subrepticement dans toute l'Europe. Tantôt tolérés, tantôt pourchassés, ils furent également ponctuellement choyés par des souverains en mal de colons : c'est ainsi qu'en 1768 Catherine la Grande les invita à coloniser une portion désertique de la Crimée récemment conquise par la Russie sur l'Empire Ottoman ; ils en seront délogés par les Soviétiques, à la suite de quoi beaucoup émigrèrent en Amérique, notamment aux USA et au Canada, où ils jouirent d'une relative liberté (c'est toujours le cas aux USA).
Mais lorsque le gouvernement canadien entendit fermer les écoles mennonites et imposer l'Anglais à ces farouches germanophones, dans les années 1920, les Mennonites canadiens se résolurent à chercher un nouvel asile. Ils le trouvèrent au Chaco, où le président paraguayen Ayala les y invita dès 1921 pour promouvoir la colonisation de ce désert humain (les indigènes comptaient évidemment pour des prunes aux yeux de l'État paraguayen...).
Les Mennonites quittèrent le Canada en bateau, gagnèrent Buenos Aires, remontèrent le Paraná jusqu'à Asunción, puis le Paraguay jusqu'à Puerto Casado, centre de la florissante industrie tannique du quebracho colorado. De là, un convoi ferroviaire les fit pénétrer dans le Chaco, mais ils durent accomplir les dernières centaines de kilomètres en charrettes à bœufs, pour enfin atteindre leur nouvel Éden. Sur place, il y avait tout à faire, à commencer par survivre.
Pareillement, d'autres groupes de Mennonites sont venus coloniser le Chaco bolivien, dans les alentours de Santa Cruz de la Sierra, ainsi que la province argentine de La Pampa ; de ce dernier endroit, ils ont entrepris récemment de coloniser le sud du Chaco argentin, dans la Province de Santiago del Estero.
Mais revenons au Chaco paraguayen, où, soit dit en passant, les Mennonites ne sont pas les seuls habitants. On dénombre notamment beaucoup de grandes estancias dont les propriétaires ne résident pas forcément sur leurs terres mais y entretiennent des employés ; ces latifundistes sont paraguayens ou brésiliens (à proximité de la frontière septentrionale avec le Brésil). On recense aussi des entreprises pétrolières et gazières à la frontière bolivienne. Une autre présence, non moins surprenante que les Mennonites, celle de la fameuse Secte Moon, qui possède sous le nom de “La Victoria S.A.” de nombreux hectares autour de Puerto Casado et Fuerte Olimpo, sur le Río Paraguay. Enfin, des ethnies indigènes nomades se partagent le reste du Chaco, sans doute avec sursis…
Quelques précisions démographiques : la population totale des trois départements paraguayens du Chaco s'élève à 160.000 habitants, soit 2,5% de la population sur 60% du territoire national. En-dehors des colonies mennonites, les principaux foyers de peuplement du Chaco sont concentrés sur la berge occidentale du Río Paraguay et dans la grande banlieue d'Asunción. Les colonies mennonites demeurent ainsi le seul véritable noyau urbain au cœur du Chaco (outre Pozo Colorado, 17.000 habitants, situé cependant à seulement 268 km d'Asunción).
En guise conclusion, une brève réflexion sur le devenir des Mennonites du Chaco paraguayen s'impose. En 2006, Filadelfia a fait le choix paradoxal mais longuement réfléchi (donc d'autant plus symbolique) d'accepter de devenir capitale du département de Boquerón, intégrant ainsi la structure étatique du Paraguay, ce qui n'a pas été sans heurter les principes “anarchisants” fondamentaux de nombreux Mennonites. Mais cette transition était bel et bien devenue une obligation quasi morale, davantage qu'un simple choix (et encore moins une nécessité).
En effet, les Mennonites ont été en quelque sorte “victimes” de leur développement économique, lequel a obéi à une imparable logique de survie : pour subsister dans le Chaco hostile, ils ont dû sans cesse perfectionner ce qui venait d'être conquis de haute lutte, et ainsi de suite – ne pouvant subvenir correctement à leurs besoins alimentaires en développant des cultures viable, ils ont dû faire prospérer ce qui pouvait l'être : le bétail, la cacahuète, et intégrer ces productions sur le marché national afin d'obtenir en échange ce qui leur faisait défaut – de fil en aiguille, ils ont dû encore et encore améliorer leurs rendements pour pouvoir importer les technologies et les infrastructures industrielles et médicales leur permettant, encore et toujours, de survivre dans le désert. De même, l'intégration des populations indigènes s'est révélée indispensable pour palier un besoin grandissant de main-d'œuvre.
Au final, la précaire colonie agricole s'est muée en un prospère conglomérat industriel. A la tête d'un pôle économique majeur, les Mennonites, conscients de leurs responsabilités sociales et économiques au-delà de leur seule communauté, sont entrés dans un irrémédiable processus de “sécularisation”, prenant désormais à cœur le développement (durable) du Chaco, sinon de tout le Paraguay (vis-à-vis duquel ils conservent une défiance tenace). Moralité : n'est pas anachorète qui veut au désert chaqueño...

Infos pratiques

Retrouvez toutes nos infos pratiques sur la fiche de notre carnet “Hans et la Cacahuèterie”.
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