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Musée de la Mission Salésienne

derrière ses murs blancs et ses vitrines proprettes, cette institution emblématique de l’œuvre humanitaire des disciples de Don Bosco révèle un passé poignant et polémique, où s'intriquent néocolonialisme, génocide, acculturation – un héritage historique en demi-teinte, ferment des explosives problématiques contemporaines.

Découvrez nos 3 photos prises sur la période 2009

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photo 1/3 – La Mission Salésienne de Río Grande – au fond, la Capilla de la Candelaria
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photo 2/3 – Un père salésien assure la visite du musée
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photo 3/3 – Productions locales de la mission
A proximité
Argentine
Paso Garibaldi
Argentine
Bagne d'Ushuaïa (Musée maritime et pénitentiaire)

Localisation : Tierra del FuegoArgentine – région Patagonie

Quelques précisions

Avant d'être un musée, la Mission Salésienne de La Candelaria fut et demeure un centre éducatif et religieux important en Terre de Feu. Un héritage controversé, certes, sur lequel la visite du musée ne met qu'indirectement l'accent, on s'en doutera. A l'image des Jésuites à l'époque coloniale, l'action des Salésiens aux XIXème et XXème siècles a fatalement louvoyé entre humanitarisme désintéressé et acculturation forcée... Tâchons d'esquisser les tenants et aboutissants de cette page délicate (mais pas unique hélas) de l'Histoire.
Peuples fuégiens originels
A l'échelle de l'Histoire, l'occupation humaine de la Terre de Feu ne se perd pas vraiment dans la nuit des temps. Les bandes d'homo sapiens venues de Sibérie par le Détroit de Béring transformé en gigantesque pont de glaces, il y a quelque 20.000 ans, ont colonisé peu à peu le continent américain, du Nord au Sud, ne parvenant à son extrémité australe que relativement récemment, voici 10.000 ans environ (sites archéologiques de Tres Arroyos et Marazzi, dans le nord de l'Isla Grande, sur la Bahía Inútil) – contre 45.000 pour l'Europe, par exemple. Les rameaux de cette humanité conquérante qui atteignirent la Terre de Feu se répartissent en deux groupes ethno-linguistiques : Mánekenk (Haush) et Selknam (Ona) d'une part, Yamana (Yahgan) et Kawésqar (Alakalufs) de l'autre, ces derniers étant implantés dans la partie aujourd'hui chilienne de la Terre de Feu.
Peuples de chasseurs-cueilleurs, accoutumés aux frimas australs, ces tribus nomades écumaient les chenaux de l'archipel fuégien à la recherche de matières premières animales et végétales : bois de lengas pour les embarcations, peaux de guanacos pour les manteaux et les sandales, chaires et baies de toute sorte pour la subsistance. Ils peignaient leur corps de grandes compositions géométriques colorées : aplats symétriques, bandes alternées, stries, rayures ou pois, pratique rituelle qui devait par ailleurs isoler du froid et, évidemment, marqua vivement les premiers explorateurs européens qui s'aventurèrent par les passes houleuses du Bout du Monde.
Intrusions européennes
Le premier de ces explorateurs fut Fernand de Magellan, dont nous avons déjà conté les péripéties australes à propos du port de San Julián (voir cette fiche). Le navigateur portugais et ses successeurs furent frappés par les braseros que les indigènes entretenaient à bord de leur pirogue pour se tenir au chaud – et ils baptisèrent les parages “Tierra del Fuego” (Terre de Feu). Nous ne nous étendrons pas davantage sur les aventures navales européennes entre Détroit de Magellan et Cap Horn (aventures que vous pourrez lire sur notre fiche Canal Beagle), qui n'affectèrent guère les autochtones jusqu'à l'aube des temps modernes.
A partir de la fin du XIXème siècle cependant, les destinées de la Terre de Feu vont prendre un tout autre tournant. Attirées par les vastes espaces “disponibles” que présente le pays fuégien, plusieurs sociétés d'élevage ovin viennent s'implanter en Terre de Feu pour y reproduire le modèle expérimenté avec “succès” en Patagonie depuis quelques décennies. La terre est divisée entre une poignée de grands propriétaires d'origine européenne, pour la plupart débarqués de frais en Argentine – ainsi la célèbre famille Menéndez, qui devint en quelques années le principal estanciero en Terre de Feu. Des centaines de kilomètres de fil de fer barbelé se tendent dans la steppe et le long des chenaux de l'archipel, à mesure que l'élevage extensif du mouton prend de l'ampleur ; et quelle ampleur ! La famille Menéndez se targue bientôt de posséder le plus grand hangar de tonte du monde, à l'Estancia María Behety.
Le génocide fuégien
Inévitablement, des conflits surgissent avec les populations indigènes. Celles-ci, à l'instar de leurs homologues Tehuelches ou Mapuches de Patagonie, ne peuvent plus transiter librement sur leurs terres ancestrales. Pire, on leur dénie le droit de chasser ce curieux “guanaco blanco” (le mouton) qui désormais pullule sans frein. Les tensions sont exacerbées par l’exiguïté de la Terre de Feu, où la place manque davantage qu'en Patagonie pour marginaliser les gêneurs. Un peu de braconnage assorti de modestes rébellions incitent les colons à utiliser les grands moyens pour en finir avec ce qu'ils considèrent comme une menace indigène et un obstacle à la modernisation de la fringante nation argentine... Ce sont d'abord des expéditions punitives, puis une véritable chasse à l'homme à laquelle des mercenaires s'emploient à plein temps et que les estancieros rétribuent sur la foi de preuves tangibles : oreilles, mains, crânes. Un véritable génocide est en marche.
Les Salésiens à la rescousse
Avec le vœu louable d'empêcher l'extermination des populations indigènes et d'assurer un avenir radieux à leur progéniture, les Salésiens débarquent en Terre de Feu dans les années 1890. Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec cet ordre religieux si étroitement lié à l’Amérique Latine, nous allons en rappeler brièvement l'origine et les objectifs.
La Societas Sancti Francisci Salesii (Société de Saint François de Sales, du nom d'un ecclésiastique savoyard du XVIIème siècle) a été fondée en 1859 par le Piémontais Saint Jean Bosco, alias Don Bosco (1815-1888), dans l'optique de renouveler l'éducation de la jeunesse selon le programme de la “méthode préventive”, basée (nous citons) sur « la raison, la religion et l'amour », par opposition à la “méthode répressive” qui, selon Don Bosco, était en vigueur dans les institutions éducatives de son temps. Pour mettre en place ce système plein de bonne volonté, destiné notamment à combattre la marginalisation des classes sociales les plus miséreuses, Don Bosco crée une série d'institutions, les unes religieuses, les autres laïques, avec leur branche féminine (les sœurs de Marie Auxiliaire – María Auxiliadora en Amérique Latine, dévotion mariale à laquelle sont consacrées la plupart des églises relevant de la mouvance salésienne) – institutions que l'on désigne couramment sous le terme générique de Salésiens de Don Bosco (sigle officiel “SDB”).
Encouragés par le pape Pie IX, fervent soutien de Don Bosco, les Salésiens essaiment dans de nombreux pays, avec une nette prédilection pour l'Amérique Latine, où plusieurs gouvernements font directement appel à eux, dans les dernières décennies du XIXème siècle, pour entreprendre la tâche immense et difficile d'encadrer et éduquer les laissés-pour-compte de la modernisation. Ainsi, les Salésiens arrivent en Argentine dès 1877, et s'intéressent tout particulièrement aux nouveaux territoires du Sud. Un peu malgré eux, ils vont devenir le fer de lance de la néo-colonisation en Patagonie et en Terre de Feu.
Heurs et malheurs des missions salésiennes
Dans ce dernier territoire, sous la houlette du Père José Fagnano (1844-1916 ; un grand lac fuégien porte son nom), les Salésiens fondent côté chilien la Misión Salesiana de San Rafael, sur l'île Dawson, en 1889, et côté argentin la Misión Salesiana de La Candelaria (objet de cette fiche), près de Río Grande, en 1893. L’œuvre des Salésiens est différemment interprétée selon des points de vue diamétralement opposés. Les uns louent le labeur extraordinaire des pères, qui ont permis, provisoirement, de sauver des centaines de natifs du massacre général dont ils étaient victimes, comme nous l'avons narré plus haut. Les autres, hérauts intransigeants de l'identité amérindienne, les vouent aux gémonies et leur reprochent un endoctrinement doublé d'une exploitation économique pure et simple ; en effet, l'évangélisation catholique était partie intégrale du cursus, et pour permettre la survie des missions les pères durent plier leurs ouailles à la tâche. Cette vision indigéniste radicale et vindicative s'est notamment cristallisée autour de l'héritage contesté de Ceferino Namuncurá, le petit chantre de la Patagonie.
Quoi qu'il en soit, les Salésiens, convaincus du caractère avant tout humanitaire de leur œuvre, ne purent lutter contre un fléau bien pire que la spoliation et les massacres dont étaient victimes les indigènes : les épidémies. En quelques décennies, la quasi totalité des Mánekenk, des Selknam, des Yamana et des Kawésqar fut emportée par la tuberculose, que d'aucuns dénoncent comme la meilleure arme employée par les envahisseurs européens pour annihiler ces populations trop encombrantes... Ravagée par le mal, et constamment décriée par ses détracteurs, la mission de l'île Dawson, véritable mouroir, périclita en 1911, lorsque les 13 religieux évacuèrent les 25 survivants indigènes. Les pensionnaires de la Mission de La Candelaria ne s'en tirèrent guère mieux, qui tous succombèrent au début du XXème siècle ; néanmoins, la mission s'est maintenue et, depuis 1946, elle s'est reconvertie en école agronomique et accueille des étudiants de toute la Patagonie, qui en ressortent avec un diplôme en Ingénierie Ovine.
Il ne reste aujourd'hui dans l'ensemble de la Terre de Feu guère plus de deux ou trois milliers d'individus revendiquant une identité aborigène, cependant largement métissés et occidentalisés.

Comment y aller ?

La Mission Salésienne de La Candelaria se situe en bordure de la Nationale 3 (Panamericana), au kilomètre 2800 – soit à 7km au nord de la ville de Río Grande.

Contacts, horaires, informations diverses

Le musée est ouvert du mardi au samedi. Pour plus d'informations, vous pouvez consulter le site de la Mission Salésienne de La Candelaria : www.misionrg.com.ar.
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